Je suis bien coupable! Il y a assez longtemps que j'ai reçu votre beau livre: L'année musicale sans vous en dire un mot: quelle horreur ... Je pourrais bien dire à mon excuse que dans ces derniers temps j'ai dû faire la navette sur les chemins de fer, entre Gênes, Sant'Agata et Milan où je me trouve même à présent, et d'où je repartirai dans trois jours. Pauvre excuse; je répète: je suis bien coupable!
Votre livre est très beau, et en véritable connaisseur, votre critique est élevée, sincère et honnête. J'ai été frappé surtout de la conférence de Genéve. A part les paroles indulgentes dites sur mon compte, dont je vous remercie, j'ai trouvé la confirmation d'idées qui trottinent depuis longtemps dans ma tête. On crie partout: "Le vrai, Le vrai!! et peut-être nous sommes (malgré nos richesses orchestrales et harmoniques) moins dans le vrai que les artistes d'autres époques. Mais la musique, vous dites, changera encore... des soufJles alternés monte ront et descendront les deux plateaux de la balance jusqu'à... et et Ainsi soit-il... —
J'ai fini. – Encore mes excuses, mes compliments et mes remerciements. Agréez, avec ma femme, l'expression de notre sincère amitié.
G.Verdi