Corrispondenza

Marie Escudier a Giulio Ricordi, 05/02/1849

Data

Data
Parigi, 5 febbraio 1849

Tipologia

Lettera

Descrizione fisica

Un bifolio (21×31 cm), tre facciate. Intestazione a stampa: «LA MUSIQUE / GAZETTE UNIVERSELLE DES MUSICIENS / Rue Richelieu, 102, / A PARIS / Rédacteurs: ESCUDIER Frères. / AGENCIE MUSICALE». Chiusura con ceralacca. A matita, di mano recente: «Marie Escudier».

Ubicazione presso il soggetto conservatore

Indirizzo (busta)

Lombardie / Monsieur / Monsieur G. Ricordi / Editeur de musique / Contrada degli Amenoni, 1720. / Milan

Timbri postali

PARIS / 5 / FEVR / 49
MILANO / 9 / FEB

Trascrizione

 

                                                                                 Paris, le 5 février 1849

 

         Mon cher ami,

   La lettre qui nous a été remise par M. Bossi, me prouve que vous n’avez pas cessé de compter sur notre amitié. Il n’y avait à la maison que mon frère Léon, quand votre recommandé est venu nous voir, mais il n’a pas été moins bien reçu, vous devez en être certain, que si nous nous y fussions trouvés tous les deux. – J’espère que nous verrons souvent M. Bossi ; nous ferons tous nos efforts pour lui rendre aussi agréable que possible le séjour de Paris. Nous le conduirons dans tous les théâtres où nous avons des relations d’intérêt ou d’amitié ; s’il veut voir les bals de l’opéra – vous savez, ces bals que vous aimez tant, – nous nous ferons un plaisir de l’y conduire. Enfin, comptez sur tout notre bon vouloir à l’égard de M. Bossy et recevez une seconde fois nos remerciemens pour la confiance que vous avez mise en nous.
   
Nous avons deux charmantes compositions inédites de Donizetti et de Verdi. Celle de Verdi est un andante qu’il avait écrit pour Madme Strepponi et qu’elle chantait dans Nabucho. Il n’avait jamais été édité. Je vais faire mettre l’adresse de votre maison sur ces deux morceaux et vous les envoyer à titre de cadeau.
   Je vous ai adressé il y a plus de 15 jours une lettre à Mendrizio pour vous proposer la propriété du Caïd, opéra bouffe qui a eu un très grand succès à l’opéra Comique. Je ne doute pas qu’il ne fit sensation même en Italie, pays de la musique bouffe par excellence. Pourquoi ne nous avez-vous pas répondu ? – Du reste la petite partition piano et chant n’a pas encore paru ; nous pourrions donc conclure en petit marché. Nous vous céderions l’ouvrage pour 500 Fr. qui seraient portés en compte courant.
   Nous avons vu chez Blanchet quelques morceaux déjà gravés du nouvel opéra de Verdi. À présent  que nous avons repris les affaires, si vous voulez nous faciliter l’acquisition de cet ouvrage, pour notre amour propre et pour l’honneur de Verdi, nous accepterons avec reconnaissance une proposition. Il faudrait surtout mettre les payements à des époques un peu éloignées et baser le prix sur les tristes événemens qui affligent notre pays. – Vous voyez que notre théâtre Italien ne marche pas ; Ronconi sera obligé de fermer les portes avant la fin de la saison et d’ailleurs ce n’est pas sur lui que nous pourrions compter pour faire jouer des opéras de Verdi. Souvenez-vous de Macbeth !
   Répondes-nous, s’il vous plaît et agréez nos complimens les plus affectueux.
                                                                                                         M. Escudier

Note



Posseduto Insv